| Slumdog Millionaire |
| Écrit par Maître Capellito | ||||||||||||||||||||||||||
| 21-01-2009 | ||||||||||||||||||||||||||
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Slumdog Millionaire – le film qui vaut des millions Sortons pendant 2 heures des films américains (parfois) un peu lourdingues, des films français (parfois) un peu intellos, des films indiens (parfois) un peu bisounours et précipitons-nous dans le cinéma le plus proche pour voir cette petite merveille : Slumdog Millionaire.
Grâce soit rendue aux Golden Globes qui ont récompensé ce film comme il fallait : meilleur film (drame), meilleur réalisateur (sacré Danny Boyle), meilleur scénario, meilleure musique originale. N’en jetons plus ! Le film part d’ailleurs grand favori pour les Oscars de cette année, tout cela sent le raz-de-marée bien mérité.
Le réalisateur anglais (auteur de Trainspotting, Petits meurtres entre amis…) adapte cette fois un roman indien de Vikas Swarup et plante le décor à Bombay, tentaculaire mégalopole d’Inde du Sud. L’histoire se déroule sur le plateau du jeu télévisé « Who wants to be a millionaire ? » où un jeune homme de 18 ans, Jamal Malik, va…justement…gagner des millions de roupies ! (Même en roupies, ça fait un sacré paquet de billets). Etrange…oui, étrange parce que ce jeune homme est une sorte de « slumdog », de chien de bidonville : c’est là qu’il est né, qu’il a grandi sans jamais aller franchement à l’école. Et le voilà capable de répondre aux questions les plus ardues du Jean-Pierre Foucault local. Bref, une question se pose (celle de l’affiche) :
Comment Jamal Malik a-t-il atteint la question à 20 millions ?
Et nous voilà embarqué pendant 2 heures dans la vie de ce jeune Indien : son enfance dans les bidonvilles, son adolescence rocambolesque, sa vie actuelle de porteur de thé dans un centre d’appels. Et chaque question qui lui est posée dans le jeu renvoie à une partie de sa vie, un drame, une anecdote, un flash…
Ce film est exceptionnel, au premier sens du terme, car il n’a absolument aucun équivalent dans l’histoire du cinéma moderne. Quand on va voir un film indien, on a toujours un peu peur de se taper 2 heures de chorégraphies au millimètre, d’histoires d’amour échevelées, de sourires ultrabrite et de « you you ! C’est trop la fête ici ».
Rien de tout cela dans Slumdog Millionaire. Profondément intelligente et humaine, l’histoire traite avec bonheur des sujets rarement abordés au cinéma : le lien fraternel, la misère des bidonvilles, la confrontation des cultures et des classes sociales…
Le scénario bougrement original est mis en valeur par une BO déjà culte et des couleurs superbes. On est tellement plongé dans la vie de Jamal qu’on croit sentir les parfums de Bombay, qu’on a le vertige quand on monte dans un immeuble en construction qui domine la ville… On sort de la salle de cinéma en ayant l’impression de revenir d’un long voyage et d’emporter avec soi de très belles images.
On regrettera toutefois le côté un peu faiblard de l’ultime question (alors là, il faut vraiment nous expliquer…). Mais on relèvera aussi le comique de certaines situations, notamment le passage de l’autographe, un vrai morceau de bravoure !
Bref…que faites-vous encore devant votre écran ? Vous devriez être déjà sur la route du cinéma.
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